La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Outre mers et pairs
Un blog Yagg
Dernier Billet
Politique chérie | 07.06.2017 - 12 h 19 | 0 COMMENTAIRES
Lettre ouverte à France-Antilles sur un étrange distinguo entre homophobies à Paris… & en Guadeloupe

Chères Amies, Chers Amis de France-Antilles,

Veuillez d’abord accepter nos remerciements pour évoquer régulièrement, depuis notre fondation le 15 mars 2005, l’actualité de la Fédération Total Respect (Tjenbé Rèd) concernant l’égalité des droits des Français/es d’outre-mers LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans) ou la lutte contre les LGBT-phobies (lesbophobie, gaiphobie, biphobie & transphobie), outre-mers comme dans l’Hexagone.

Veuillez encore accepter nos remerciement pour avoir, dans votre article publié le 2 juin sous la signature de Martin T. LAVENTURE, évoqué l’invitation lancée par notre présidente nationale par intérim, Juëlle BOYER, au candidat d’En marche dans la 1ère circonscription de Guadeloupe, Olivier SERVA, à nous rencontrer & nous accompagner dans la mise en œuvre de la déclaration finale des États généraux des Français/es d’outre-mers LGBT, adoptée le 14 février (ci-jointe). Pour mémoire, cette invitation constitue notre réponse aux excuses présentées par le candidat à la suite de propos homophobes, susceptibles de poursuites pénales, tenus face à nous en 2012.

Souffrez cependant que nous fassions part de notre étonnement face au distinguo que vous introduisez entre l’homophobie «à Paris» & l’homophobie «locale». Vous écrivez: «À Paris, ces propos de Serva font désordre»… Vous évoquez une «petite affaire embarrassante dans les milieux parisiens»… qui selon vous «ne devrait pas pénaliser sa campagne» ni trop «influer sur l’électorat». Tout au plus aurait-il quelque difficulté à «se faire de nombreux amis» à l’Assemblée nationale (soit, de nouveau, «à Paris»).

Ainsi, vous semblez décrire ou cautionner une logique où la «faute» dont, selon ses propres mots, M. SERVA s’est excusé n’en serait une qu’«à Paris» – ville de débauche, faudrait-il comprendre? À l’inverse, en Guadeloupe, ces propos (une «petite affaire») ne seraient que la saine & virile démonstration de l’identité guadeloupéenne, laquelle serait forcément, naturellement & inévitablement homophobe.

Voilà qui serait faire peu de cas de la diversité de la société guadeloupéenne, nullement figée dans un passé idéal – c’est-à-dire, supposément, sans personnes LGBT… – n’ayant d’ailleurs jamais existé. Nous en voulons pour preuve que la Guadeloupe n’a pas hésité à confier d’éminentes responsabilités à un homme politique dont l’homosexualité est notoire & ne dérange personne (sous réserve, il est vrai, qu’il ne l’évoque jamais). Nous en voulons encore pour preuve les témoignages émouvants apportés par des Guadeloupéennes & Guadeloupéens hétérosexuel/le/s ou LGBT, le 14 février lors de la conférence inaugurale des États généraux des Français/es d’outre-mers LGBT & de leurs ami/e/s, au ministère des outre-mers. Dans les familles, dans les voisinages de Guadeloupe ou de la diaspora guadeloupéenne, de plus en plus de compatriotes acceptent la liberté d’orientation sexuelle ou d’identité de genre & s’élèvent contre les insultes ou mauvais traitements dont sont victimes leurs proches LGBT.

Certes, ce qui se fait chemin n’est pas ce qui est établi. Trop souvent encore, le parcours des personnes LGBT en Guadeloupe reste un chemin de croix (dans leurs familles, à l’école, au travail) & l’exil vers l’Hexagone ou l’étranger reste la seule solution… quand ce n’est pas un exil ultime qui est choisi: combien de suicides, nés d’un tel motif, sont-ils encore déguisés en «accidents médicamenteux»?

À moins, toutefois, que vous ne tentiez entre les lignes d’alerter votre lectorat sur l’éventuelle mauvaise foi de l’intéressé, qui se serait excusé dans la seule intention de jeter quelques mots vides de sens en pâture à l’état-major d’En marche, pour se tirer d’un mauvais pas, tout en sachant que personne n’en croira rien dans sa circonscription & que certain/e/s lui sauront même gré d’avoir berné «Paris». Il est difficile d’évaluer la pertinence d’une telle hypothèse mais il est vrai que M. SERVA s’est finalement excusé auprès de tout le monde sauf de nous, face à qui il avait tenu les propos litigieux. Il est vrai également qu’en 2016, lorsqu’un jeune homme s’est vu, en Guadeloupe, torturé jusqu’à la mort ou presque à raison de son orientation sexuelle, M. SERVA est resté silencieux (alors que même la presse internationale s’émouvait). Il est vrai enfin qu’il s’est – jusqu’à présent – abstenu de répondre à notre invitation.

Finalement, le sens authentique des propos de M. SERVA ou de ce que vous écrivez, entre les lignes, le 2 juin est pareillement difficile à pénétrer: il nous paraissait nécessaire & conforme à notre objet social de vous faire part de nos interrogations.

Veuillez agréer, Chères Amies, Chers Amis de France-Antilles, l’expression de nos salutations LGBT autant qu’ultramarines les meilleures.

Pour la Fédération Total Respect (Tjenbé Rèd)
& l’association Tjenbé Rèd Prévention,

– – –
Juëlle BOYER,
présidente nationale par intérim,
présidente régionale de Total Respect
à Mayotte & la Réunion
06 92 15 90 51
– – –

– – –
David Sar AUERBACH CHIFFRIN,
porte-parole national de Total Respect,
président de Tjenbé Rèd Prévention
federation@tjenbered.fr
06 10 55 63 60
– – –

CF. ÉGALEMENT. –

https://www.facebook.com/notes/federationtotalrespect/10154754243858693

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

_

LES réactions (0)
Lettre ouverte à France-Antilles sur un étrange distinguo entre homophobies à Paris… & en Guadeloupe

ajouteZ VOTRE réaction
billets précédents